À Visé, un nouveau logement pour jeunes sans-abris : "C'est l'accompagnement qui fait qu'on arrive à les sortir de la rue"
À Visé, un nouveau logement d’urgence pour les jeunes en situation précaire a ouvert ses portes. Après 10 mois de travaux, le service prévention AMO Reliance a rénové une maison afin d’accueillir provisoirement 4 jeunes se retrouvant à la rue.
C’est à Visé que se trouve le nouveau logement d’urgence pour jeunes sans-abris de l'AMO Reliance. Le service de prévention, qui possède déjà deux places d’hébergement Rue de la Prihielle, agrandit son accueil au 51 Rue de la Croix Rouge pour 4 pensionnaires provisoires dans une maison fraîchement retapée. L'objectif : favoriser la réinsertion dans la société des jeunes en errance entre 17 et 22 ans. "Après une demande, le jeune emménage dans le logement. On l'aide à s'installer dans un premier temps, puis on voit où il en est au niveau administratif." explique Tina Correia, coordinatrice d'AMO Reliance. "Il y a des jeunes qui n'ont plus leur carte d'identité, qui n'ont pas de carte de banque ou qui ne sont pas en ordre de mutuelle. Cela fait partie de toutes les démarches qu'on va faire avec eux." En plus du côté administratif, le service de prévention accompagne les jeunes aux rendez-vous, que ce soit avec le CPAS afin de toucher un revenu dans certaines situations, et même au niveau scolaire et professionnel, par des visites dans les entreprises ou d'écoles par exemple.
La réinsertion par l'autonomie
Financée par la Fondation Roi Baudoin, la maison comprend deux chambres, une salle de bain et une cuisine par étage. Ce projet apprend l'autonomie aux jeunes, comme la vaisselle ou le ménage au sein d'une communauté, pour une durée de deux mois maximum. Si ces tâches peuvent nous sembler banales, ce n'est pas toujours le cas de ces jeunes provenant de familles précarisées. "Ils n'ont pas ce mécanisme automatique de nettoyer son logement, ou de se laver, tout simplement. On doit apprendre à certains qu'il faut mettre du savon sur une éponge ou mettre du savon dans de l'eau pour nettoyer au sol. On leur apprend à faire à manger, calculer les quantités, la conservation des aliments, etc." confie la coordinatrice.
"C'est l'accompagnement qui fait qu'on arrive à les sortir de la rue."
Pour l’instant, l’association compte des dizaines de demandes de jeunes qui attendent d’être hébergés. Selon Christophe Parthoens, directeur de l'AMO Reliance, c'est un nombre qui explose, contrairement aux subsides pour ce type de logement : "Des jeunes à la rue aujourd'hui, c'est une réalité. À Liège, à Bruxelles, mais aussi en milieu rural. Ils aboutissent, peut-être, à un moment donné dans les grandes villes. Mais pendant tout un temps, ils vont être en errance." explique-t-il. "Je pense qu'il y a une réflexion à avoir sur la prise en charge de ces jeunes, pour ne pas qu'ils se retrouvent dans des situations d'extrême urgence, de grande fragilité, voire d'habiter la rue. Il y a moyen d'organiser la prévention, mais c'est vrai qu'il faut prévoir que ce soit pris en charge par l'Etat en partie, et donc, que ce soit financé, pour qu'il y ait un accompagnement. C'est l'accompagnement qui fait qu'on arrive à les sortir de la rue. Ce n'est pas seulement les mettre dans un logement."
Après 10 mois de travaux, les 4 nouveaux pensionnaires s’installeront le 15 avril prochain.