Liège : des matelas artisanaux en laine belge

Ankva, c'est le nom de l'atelier lancé par Annick Van den Bossche. Passionnée par la laine, soucieuse des questions de durabilité et de circuit-court, elle a lancé son atelier de fabrication de matelas en laine belge.

 

Habitant dans le quartier Saint-Léonard, Annick Van den Bossche apprécie se balader sur les côteaux de la Citadelle et y croise régulièrement un troupeau de moutons. Depuis des années, elle souhaitait lancer un projet avec de la laine locale.

 

La laine a été à l’origine de la richesse de la ville de Verviers qui regorgeait d’entreprises lainières jusque dans les années 1950. Cette industrie a ensuite connu un véritable déclin. Jusqu’au Covid, les bergeries belges envoyaient pour la plupart la laine de la tonte annuelle de leurs moutons vers la Chine. Depuis la crise sanitaire, ce débouché n’existe plus. Aujourd’hui, quasi 70% de la laine belge est compostée.

Après avoir envisagé plusieurs projets pour utiliser la laine belge, Annick Van den Bossche a décidé de se lancer dans la literie. En janvier dernier, elle ouvrait son atelier Ankva, 6 rue Mosselman à Liège.

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Après avoir écharpé la laine pour en diviser les brins et leur donner du gonflant, elle l’accumule pour lui donner la forme souhaitée. Il n’est pas question de rembourrer une housse déjà cousue mais bien de préformer la laine pour ensuite coudre autour l’enveloppe du matelas, le coutil,  faite de coton des Vosges ou de lin belge. Ensuite, elle formera un bourrelet autour du coutil et renforcera la structure du matelas par le capitonnage, en reliant les deux faces par des cordelettes qui le traversent de part en part et sont retenues par des capitons. Aucun ressort n’est utilisé dans cette fabrications. 

La laine est un matériau qui présente de nombreuses qualités. Elle est naturelle, dépolluante et auto-nettoyante. Pas besoin de passer le matelas au nettoyage, il suffit de l’aérer. La laine régule aussi la température du corps, on n’a jamais ni trop chaud ni trop froid, et elle régule l’humidité corporelle en absorbant jusqu’à 30% d’humidité.

 

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Un matelas d’1,60 sur 2 mètres nécessite une trentaine de kilos de laine et coûte, en fonction des différentes qualités de fabrication, entre 1 300 et 1500 euros. La laine a une durée de vie de 10 à 15 ans, comme les matelas non-artisanaux. Il suffit alors d’ouvrir l’enveloppe, d’écharper à nouveau la laine, pour la réutiliser dans une nouvelle enveloppe.

 

Un autre fabricant artisanal de matelas exerce en Wallonie mais Annick Van den Bossche est la seule en province de Liège.  La laine qu'elle utilise est lavée chez Traitex à Verviers, l’un des derniers lavoirs industriels de laine en Europe continentale.

Elle s’est formée en Bretagne auprès de la lainière et matelassière Marion Delisle et compte parfaire sa formation dans d’autres ateliers.

Matériau naturel et sain, circuit-court, durabilité, Annick coche toutes les cases qui l’intéressaient. Elle présentera ses matelas et futons au salon slow life ces 5 et 6 avril à Court-Saint-Etienne.  

 

 

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